Parole de l’enfant et parole à l’enfant en justice

La parole de l’enfant a pris d’autant d’importance que dans les affaires d’agressions sexuelles intrafamiliales, il n’y a le plus souvent ni preuves ni avenu mais des versions contradictoires. L’auteur montre comment, dans l’affaire d’Outreau, la parole des enfants n’a pas été vraiment écoutée parce que les conditions n’étaient pas réunies pour un discernement des adultes, professionnels de la justice ou non. L’analyse du traitement de cette parole permet ici de mettre en évidence la nécessité de prendre en compte un ensemble de données comme les circonstances du dévoilement des faits, le contexte familial, les caractéristiques du récit et l’évolution des éventuels symptômes. Mais la notion controversée de la crédibilité, révélatrice de l’ambivalence sociale et de la difficulté de l’exercice du doute, doit rester à la charge des juges et non à celles des experts cliniciens. Ceux-ci sont appelés, à partir d’éléments recueillis dans une relation singulière, à rendre compte des processus psychiques à l’oeuvre chez un enfant, entre fantasme et réalité.