Coupe du Monde 2014 et droits de l’enfant : la face cachée des grands événements sportifs


Communiqué de presse du Secrétariat International de DEI

Que les « matchs » commencent ! Avec le lancement de la Coupe du Monde, les défenseurs des droits de l’enfant donnent le coup de sifflet concernant les violations des droits de l’homme commises au Brésil.

De nombreux États succombent à de grands événements sportifs, en faisant la promotion de mesures préjudiciables envers les membres les plus vulnérables de la société, en particulier les enfants ; par exemple, des familles pauvres sont expulsées de leurs maisons afin que les autorités puissent construire de nouvelles infrastructures. Avant la Coupe du Monde 2010 qui s’est tenue en Afrique du Sud, les familles ont été déplacées dans des "zones de réinstallation temporaire" contre leur gré, les laissant dans des conditions de vie très mauvaises. En outre, lors du tirage préliminaire en 2007, des enfants de rue auraient été privés de liberté sans bénéficier de procédure légale.

Les grands événements sportifs qui ont lieu partout dans le monde mettent les enfants locaux en péril. Ceci est le résultat de facteurs sociaux, économiques, culturels, environnementaux et structurels. Les risques indirects auxquels sont confrontés les enfants comprennent : le travail forcé, les déplacements, l’exploitation sexuelle et la traite des êtres humains, ainsi que la détention arbitraire. En effet, pour la Coupe du Monde de 1998 qui a eu lieu en France, les ballons avaient été cousus à la main par des enfants en Inde et au Pakistan. En outre, des cas de traite d’enfants à des fins d’exploitation sexuelle ont été signalés au cours de diverses finales du championnat de football américain (Super Bowl) ayant eu lieu aux États-Unis.

Défense des Enfants International condamne de telles pratiques qui violent de manière flagrante la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant et demande instamment aux organisations sportives de prendre plus de responsabilités et de respecter les normes proclamées par le Bureau international du Travail (OIT) concernant la problématique, ainsi que de réaliser plus d’inspections sur le terrain lors de la préparation de tels événements. Des politiques de protection des droits de l’homme devraient être mises en place dès qu’un pays est désigné pour accueillir l’événement.

DEI invite les États et les organisations sportives à répondre adéquatement et à éviter ces graves violations des droits de l’homme, en s’assurant que les lois soient concrètement mises en œuvre, que les stratégies de protection des enfants soient adoptées et qu’enfin, l’information appropriée soit fournie à tous les secteurs par l’intermédiaire des médias. Enfin, les expulsions forcées doivent cesser ; des alternatives équitables doivent être mises en place (par exemple la rémunération).

Défense des Enfants International (DEI) est extrêmement préoccupé par cette situation récurrente et appelle les gouvernements et les organisations sportives à assurer la protection des enfants lors de grands événements sportifs. Des leçons doivent être tirées des précédentes violations des droits de l’enfant dans ce contexte, afin qu’elles ne se reproduisent pas dans l’avenir.